Life Gypconnect

Durzon victime d’empoisonnement

Publié le mardi 12 juin 2018

Le jeune gypaète réintroduit en 2017 dans les Grands Causses dans le cadre du Life est mort.

Début juin 2017, Durzon, alors âgé de 96 jours, prenait son envol dans les Grands Causses. Ce n’est non sans fierté et sans espoir que LPO, le Parc naturel régional des Grands Causses et le Parc national des Cévennes, porteurs du Plan national d’actions Gypaète barbu 2010-2020 croyaient en cette réintroduction.
Pour rappel ce Plan national d’actions s’inscrit dans le LIFE GYPCONNECT (2015-2021), outil financier de l’Union européenne pour les programmes de conservation.

Triste constat pour la conservation des grands rapaces

Né en janvier 2017, il aura eu le temps de découvrir la France, la Belgique et l’Allemagne depuis les cieux (les gypaètes font une sorte de « voyage initiatique » au cours de leurs premières années de vie) avant de revenir et trouver la mort autour du 2 février dernier sur le Causse du Larzac, non loin de Millau.
Les analyses sont formelles, il a succombé à l’ingestion d’aliments contenant un produit de la famille des carbamates, jadis utilisé en agriculture et strictement interdit en France depuis 10 ans.
Ce triste constat pour la conservation de l’espèce (toujours en danger critique d’extinction en France malgré les efforts de protection en cours) s’ajoute à d’autres découvertes aussi sinistres, faites ces dernières années : un Vautour Percnoptère en 2007, un Milan Royal en 2011, un Aigle Royal en 2012, un Vautour Fauve et un Vautour Moine en 2013.
La LPO dénonce la récurrence de ces épisodes d’empoisonnement et demande à ce que tous les moyens soient mis en œuvre pour retrouver le ou les coupables qui semblent agir à dessein.

En France, de nombreux poisons interdits restent aujourd’hui encore une menace

Arme discrète et simple d’usage, le poison agit aveuglément : disposé dans un appât comme une carcasse ou des boulettes de viande, il fait effet sur tous ceux qui le consomment, qu’ils s’agissent d’animaux sauvages ou domestiques ; oiseaux, mammifères et insectes sont concernés. Même les sols et nappes phréatiques ne sont pas à l’abri, on y retrouve régulièrement des doses au-dessus des normes pour des pesticides depuis longtemps interdits.
Ces carbamates font en effet parties des pesticides les plus toxiques pour l’être humain (classé « très dangereux » par l’Organisation Mondiale pour la Santé). Ils étaient pourtant utilisés en agriculture jusqu’à leur interdiction (dans la betterave par exemple), et en toute illégalité contre des animaux « indésirables » (renards, chats ou chiens de son voisin).
Leur usage n’est qu’un des exemples d’une pratique dont la LPO et ses partenaires s’indignent ; au même titre qu’acheter des pesticides illégaux dans des pays qui les fabriquent ou les commercialisent. Qu’il s’agisse de passer commande en ligne de pesticides ou de leur faire franchir la frontière, on expose la biodiversité à de graves déséquilibres.
Hors l’acquisition et l’utilisation de tels pesticides relève du délit. Nous demandons donc à l’État de s’assurer que les sites de vente en ligne dépendant du droit français cessent ces pratiques illégales.

Plus d’informations

Consultez le communiqué de presse de la LPO

Partager :